Notre histoire

Chemins du Rail

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1985

Les prémices

En 1985, la Belgique fête les 150 ans de son réseau ferroviaire. La RTBF décide alors d’y consacrer plusieurs émissions. Après avoir évoqué la place unique de la Belgique dans ce domaine (Bruxelles sera la première capitale au monde à être desservie par une ligne ferroviaire), après avoir décrit l’évolution du réseau dont l’arrivée du vicinal comme réseau secondaire, Gilbert Perrin, son réalisateur devient le témoin du déclin du rail.

Après la Seconde Guerre mondiale, suite à l’irruption incontournable de la voiture automobile et le développement des axes routiers, le réseau se voit progressivement raboté. Certaines lignes abandonnées présentent des rails rouillés où la végétation prend peu à peu le dessus, des aiguillages et des signaux mécaniques à l’abandon, des tunnels d’un autre âge.

En 1935, le réseau s’étendait sur quelque 5000 km. Cinquante ans plus tard, on relève environ 3400 km de voies ferrées. 1600 km de lignes ont été mis hors service. Certes, une partie a disparu du paysage, vendue à des privés, transformée en route ou autoroute, mais que reste-t-il en réalité ?

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Dès 1990

Gilbert Perrin parcourt plus de 1000km
de réseau fantôme

Dès 1990, Gilbert Perrin parcourt à pied ou à vélo plus de 1000 km de ce réseau fantôme. Constat : beaucoup de grandes sections simplement à l’abandon, parcourables un peu à l’aventure ou tout juste repérables de loin.

Parfois de grandes déceptions quand il faut bien constater qu’on ne passera plus mais aussi quelques belles surprises quand on découvre que certains tronçons sont entretenus pour la marche et le vélo. C’est le cas notamment à Jodoigne. Mais aussi au Pays de Herve sur la ligne 38 qui relie Plombières à Chênée. En effet, Gilbert Perrin y rencontre fortuitement les acteurs de la jeune Chambre économique du Pays de Herve qui n’est pas en reste.

Vu l’abandon de cette L38 depuis quelques années déjà et l’intérêt des promoteurs immobiliers de s’en accaparer, l’affaire a été portée au Conseil d’Etat qui ne statue pas. Entretemps, l’inquiétude grandit quand il est question de détruire un pont et de modifier l’assiette de chemin de fer au bénéfice d’une entreprise locale.

Une sensibilisation auprès du public est menée par cette jeune Chambre économique qui se veut dynamisante : exposition photos de la ligne à Battice ; balades pédestres et équestres ; concours de peintres locaux ; implication des écoles de la région. Vu l’intérêt grandissant du public, un travail de terrain orchestré sous l’égide d’Albert Simon, son président et de Francis Hubin, est réalisé en plusieurs tronçons, en y associant l’ensemble des associations locales. La main-d’œuvre constituée de plus de 200 bénévoles permet ainsi l’enlèvement des immondices Les pelleteuses, bulls, tracteurs, remorques, camions généreusement prêtés, facilitent le débroussaillage, le dessouchage et l’accès à la ligne pour les piétons et cavaliers.

Plusieurs journées d’entretien sur l’assiette de la voie et la rénovation de certains ouvrages d’art par différents corps de métier sont régulièrement organisées. La fin de chaque journée est prétexte à se retrouver, à mettre en évidence le travail réalisé par tous. Dynamisme et convivialité se conjuguent et deviennent les ingrédients d’une parfaite réussite. Succès garanti, d’autant plus avec le support des médias qui relatent les événements. « Autant savoir » et le jeu « Double 7 » offrent notamment une vitrine séduisante sur ces lignes désaffectées qui deviendront « voies vertes ».

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1993

Parution du Livre “Chemins de Traverses”

En 1993, la parution des « Chemins de Traverses » par Gilbert Perrin reprend la description du parcours d’une vingtaine de balades et suscite de nombreux courriers. Des associations et des particuliers écrivent pour demander de guider des visites, de répondre à des interviews, de participer à des débats sur le même thème.
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1995

Le concept RAVeL est lançé

En 1995, le concept RAVeL est lancé et devient réalité. « Roulez RAVeL », le premier slogan fait son apparition le long des infrastructures routières. Un an plus tard, naît l’asbl « Chemins du Rail ». En effet, le 26 janvier 1996, une trentaine de bénévoles dont les représentants de la jeune Chambre économique du Pays de Herve et Gilbert Perrin, se réunissent à Namur pour fonder l’association dont l’objectif consiste à promouvoir la conservation des lignes ferroviaires désaffectées et leur conversion au profit de la marche, du cyclisme, de l’équitation, des déplacements utilitaires, et aussi à préserver et restaurer le patrimoine ferroviaire.
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A partir de 1996

Naissance de l’ASBL Chemins du Rail

Première action en mars 1996 : défrichage symbolique d’un tronçon de l’ancienne L147 entre Ramillies et Orp-Jauche et conférence de presse en présence du Ministre wallon de l’Aménagement du Territoire, de l’Équipement et des Transports, Michel Lebrun, qui apporte son soutien à l’action de l’asbl et confirme l’importance que la Région accorde au tout récent projet de réseau de voies réservées au trafic lent : le RAVeL.

Deuxième action en juin 1996 : la diffusion d’une pétition demandant aux pouvoirs publics de réserver toute ligne désaffectée à l’aménagement de chemins pour usagers non motorisés au lieu de les vendre par morceaux. En quelques semaines, cette pétition réunit plus de 2000 signatures.

Le 10 juillet 1997, la SNCB et la Région concrétisent la demande de la pétition et signent une convention-cadre qui, sous certaines conditions, réserve les lignes désaffectées au RAVeL. Dans la foulée, l’asbl est conviée à collaborer au développement du réseau des voies lentes avec l’octroi d’une subvention annuelle.

C’est le début d’une série d’actions, telles que les avis techniques pour les aménagements ou la signalisation, les inventaires du patrimoine ferroviaire, la présence à divers salons et événements pour la promotion du RAVeL, l’organisation de balades-découvertes sur le réseau autonome des voies lentes en vue de le faire connaître au tout public, la réalisation d’un magazine trimestriel axé sur le développement des voies vertes, les réponses aux demandes des associations, des pouvoirs locaux, des étudiants, des médias,…

Mais l’aventure prend aussi une tournure internationale. À la suite des contacts préalablement établis, l’idée de convertir les anciennes lignes au profit des usagers non motorisés fait son chemin ailleurs : en Flandre, en France, au Grand-Duché de Luxembourg, en Allemagne, en Autriche et encore en Espagne où un programme « Vias Verdes » existe déjà.

Elle aboutit aux « Premières Rencontres européennes du Trafic lent et des Chemins du Rail » qui se tiennent à l’abbaye du Val-Dieu près d’Aubel du 16 au 18 mai 1997. Une Association Européenne des Voies vertes est imaginée et est fondée à Namur le 8 janvier 1998. Les statuts sont signés par 17 représentants d’institutions et d’associations de plusieurs pays européens. Cette Association internationale compte aujourd’hui une cinquantaine de membres de 15 pays : son siège social est situé à Jambes ; son siège exécutif à Madrid.

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2015

Le RAVeL fête ses 20 ans

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2016

Chemins du Rail fête ses 20 ans

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2021

Que de chemins parcourus !

En plus de 20 ans, que de chemins parcourus ! Janvier 2021 marque pour « Chemins du Rail » ses 25 ans d’action en faveur du développement de la mobilité active en général, de la préservation de nos anciennes lignes de chemin de fer, de leur conversion en chemins pour le trafic non motorisé ainsi que de la préservation du patrimoine ferroviaire. Par ses missions, elle contribue à aider le public, conseiller les administrations et guider de nombreux visiteurs belges et étrangers.

Un nouveau logo est adopté. Il évoque un triangle de retournement ferroviaire aux trois branches représentant la mobilité-infrastructures, le tourisme et le patrimoine, les trois piliers de la raison d’être de Chemins du Rail. Le site web change de look. CDR est plus présent sur les réseaux sociaux.

L’aspect militance voulu dès la création de l’asbl reste toutefois intact. Il se traduit actuellement dans l’idée de faire reconnaître le RAVeL en tant que déplacement non motorisé utilitaire mais aussi de lui attribuer un rôle prépondérant en tant que produit touristique. L’asbl voit ses missions largement soutenues par les pouvoirs publics (SPW – CGT – AWaP), par ses contacts internationaux et par ses collaborations avec d’autres asbl dont WBT.